Je m’adresse ici à vous, infirmiers, héros du quotidien.
À ceux qui tiennent, qui s’adaptent, qui encaissent.
À ceux pour qui la fatigue est devenue un bruit de fond.
Infirmier spécialisé, cadre de santé, maître-assistant et coach en santé métabolique…
J’ai appris à observer le corps sous différents angles : scientifique, clinique, humain.
Et s’il y a bien une chose qui m’a frappé au fil des années, c’est celle-ci :
les soignants parlent très bien de la santé… sauf de la leur.
Non pas par ignorance.
Mais par habitude.
Habitude de faire passer l’autre avant soi.
Habitude de fonctionner en mode “ça ira”.
Habitude de considérer certains signaux comme normaux :
la fatigue persistante, le sommeil haché, les repas rapides, le stress constant.
Après tout, c’est le métier, non ?
Le corps des soignants est incroyablement adaptable.
Il s’ajuste aux horaires décalés, aux nuits, à la charge mentale, au stress émotionnel.
Il compense. Longtemps.
Mais cette capacité d’adaptation a un coût, souvent invisible au début.
La santé métabolique ne se dérègle pas du jour au lendemain.
Elle s’altère progressivement, en silence, pendant que l’on continue à assurer.
Pendant que l’on minimise.
Pendant que l’on repousse.
Et c’est là que quelque chose mérite, peut-être, d’être interrogé.
À partir de quand “tenir” devient-il autre chose que “aller bien” ?
Cette question n’est pas une critique.
Encore moins une injonction.
C’est une invitation à regarder autrement ce que l’on vit dans ce métier.
Beaucoup de soignants savent reconnaître les signes chez leurs patients.
Mais quand il s’agit d’eux-mêmes, ils rationalisent.
Ils s’adaptent encore.
Ils attendent.
Ce premier post n’est pas là pour proposer des solutions.
Il est là pour ouvrir un espace de réflexion.
Un espace où la santé du soignant a autant de valeur que celle qu’il protège au quotidien.
Et si, pour une fois, la question n’était pas :
“Est-ce que je tiens ?”
mais plutôt :
“Comment va réellement mon corps en ce moment ?”
Si cette question te traverse l’esprit, même brièvement, alors ce post a rempli son rôle.
Ce n’est que le début.
Assan Khadira


