Bulletin 12 : avez-vous déjà eu cette sensation ?

Vous avez déjà eu cette sensation ?

👉 Tout faire “comme il faut”…
Manger équilibré. Bouger. Faire attention.

Et pourtant : fatigue persistante, fringales incontrôlables, graisse abdominale qui s’installe.

💥 Et si le problème n’était pas dans votre assiette… mais dans votre physiologie de stress ?

On parle beaucoup du cortisol. Souvent mal.
On le diabolise comme “l’hormone du stress”.

En réalité, il est indispensable.

Le matin, il vous réveille.
Il mobilise l’énergie.
Il vous permet de faire face.

Le problème, ce n’est pas le cortisol.
C’est quand il ne redescend plus.

Et aujourd’hui, c’est devenu la norme.

Charge mentale, notifications constantes, pression professionnelle, manque de sommeil…
Le corps reste en alerte. En continu.

👉 Résultat : un cortisol qui reste élevé quand il devrait baisser.

Et métaboliquement, les conséquences sont loin d’être anodines.

📉 Concrètement, un cortisol chronique élevé :

augmente la production de glucose (même sans manger)
favorise la résistance à l’insuline
oriente le stockage vers la graisse abdominale
dérègle les signaux de faim et de satiété
perturbe le sommeil… qui entretient le problème

Un vrai cercle vicieux.

Ce qu’on observe en pratique clinique est cohérent avec la littérature.

Des travaux récents montrent qu’une dérégulation de l’axe HPA est associée à une altération de la sensibilité à l’insuline et à un risque accru de syndrome métabolique (Stalder et al., 2017).

D’autres études soulignent que des niveaux de cortisol élevés — en particulier lorsqu’ils restent hauts en fin de journée — sont liés à une moins bonne régulation glycémique et à une augmentation du risque cardiométabolique (Hackett & Steptoe, 2017 ; Joseph & Golden, 2017).

👉 Autrement dit :

Vous pouvez avoir une alimentation irréprochable…
Si votre système nerveux est en mode “survie”, votre métabolisme suivra.

C’est souvent là que ça bloque.

On ajuste les calories.
Les macros.
Les horaires.

Mais on oublie un levier fondamental :
l’état interne dans lequel le corps fonctionne.

La bonne nouvelle ?

🧠 Ce système est plastique.

On peut redonner un rythme au cortisol.

Pas avec des solutions “magiques”.
Mais avec des leviers simples, cohérents, répétés :

voir la lumière du jour tôt le matin (vraiment)
garder des horaires de sommeil réguliers (même imparfaits)
intégrer des moments de récupération dans la journée
bouger… sans tomber dans l’excès
ralentir en fin de journée (moins d’écrans, moins de stimulation)

Ce n’est pas du “bien-être”.

C’est de la physiologie appliquée.

Parce que quand le cortisol se régule :
✔ la glycémie se stabilise
✔ la faim redevient cohérente
✔ l’énergie remonte
✔ le corps redevient flexible

👇

Et vous ?

Avez-vous déjà fait le lien entre votre niveau de stress et :

vos fringales ?
votre sommeil ?
votre stockage abdominal ?

Je serais vraiment intéressé de lire vos observations.

Parce que parfois, le problème n’est pas que vous en faites trop peu…
Mais que votre corps, lui, en fait trop depuis trop longtemps.

À très bientôt,

Assan Khadira ✨

📚 Sources (format APA) :

Hackett, R. A., & Steptoe, A. (2017). Type 2 diabetes mellitus and psychological stress: A modifiable risk factor. Nature Reviews Endocrinology, 13(9), 547–560.
Joseph, J. J., & Golden, S. H. (2017). Cortisol dysregulation: The bidirectional link between stress, depression, and type 2 diabetes mellitus. Annals of the New York Academy of Sciences, 1391(1), 20–34.
Stalder, T., Kirschbaum, C., Kudielka, B. M., et al. (2017). Assessment of the cortisol awakening response: Expert consensus guidelines. Psychoneuroendocrinology, 83, 1–12.
Adam, T. C., & Epel, E. S. (2018). Stress, eating and the reward system: Updated perspectives. Physiology & Behavior, 193, 178–189.

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La santé métabolique
par Assan Khadira 27 janvier 2026
Chez les soignants, certaines sensations deviennent rapidement familières. Une fatigue qui persiste malgré le repos. Un sommeil fragmenté. Des variations d’appétit. Une énergie inégale au fil de la journée. Ces signes sont souvent banalisés. Attribués aux horaires, au stress, à la charge émotionnelle du métier. Et, en un sens, cette lecture n’est pas fausse. Le corps humain possède une capacité remarquable : l’adaptation. Sur le plan physiologique, il ajuste en permanence ses systèmes hormonaux, métaboliques et nerveux pour maintenir une forme de stabilité interne, ce que l’on appelle l’homéostasie. Chez les soignants, cette adaptation est sollicitée de manière chronique. Les horaires décalés perturbent les rythmes circadiens. Le stress répété active durablement l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien. Le manque de récupération modifie la régulation du cortisol, de l’insuline, de la leptine ou encore de la ghréline. Individuellement, ces ajustements sont réversibles. Mais lorsqu’ils deviennent la norme, le corps ne revient plus réellement à l’équilibre initial. Il fonctionne autrement. C’est là que la frontière devient floue entre adaptation et déséquilibre. D’un point de vue métabolique, il ne s’agit pas d’un effondrement brutal. La dérégulation est progressive, silencieuse, souvent longtemps asymptomatique. Le corps continue d’assurer les fonctions essentielles. Il compense. Cette compensation a toutefois un coût biologique. Une augmentation de l’inflammation de bas grade. Une altération de la sensibilité à l’insuline. Une récupération moins efficace. Une tolérance au stress qui diminue avec le temps. Rien qui empêche d’exercer. Mais suffisamment pour que le corps ne soit plus réellement en bonne santé. Dans le monde du soin, on confond fréquemment capacité fonctionnelle et équilibre physiologique. Tant que le soignant travaille, tient ses gardes, reste performant, le reste passe au second plan. Pourtant, le corps envoie des signaux bien avant la pathologie. Ils sont simplement discrets, diffus, faciles à rationaliser. Ce n’est ni un manque de connaissances, ni un déni. C’est une conséquence directe d’un métier qui valorise l’endurance et la disponibilité. La question n’est donc pas : « Suis-je encore capable d’assurer ? » mais plutôt : « Dans quel état physiologique mon corps assure-t-il aujourd’hui ? » Ce texte n’a pas pour objectif de médicaliser le quotidien des soignants. Il vise à rappeler une réalité souvent oubliée : l’adaptation chronique n’est pas un état neutre pour l’organisme. Dans le prochain article, nous aborderons ce que ces déséquilibres silencieux peuvent produire à moyen terme, et pourquoi ils sont si souvent invisibles… même aux yeux des professionnels de santé. Assan Khadira
par Assan Khadira 20 janvier 2026
Je m’adresse ici à vous, infirmiers, héros du quotidien. À ceux qui tiennent, qui s’adaptent, qui encaissent. À ceux pour qui la fatigue est devenue un bruit de fond. Infirmier spécialisé, cadre de santé, maître-assistant et coach en santé métabolique… J’ai appris à observer le corps sous différents angles : scientifique, clinique, humain. Et s’il y a bien une chose qui m’a frappé au fil des années, c’est celle-ci : les soignants parlent très bien de la santé… sauf de la leur. Non pas par ignorance. Mais par habitude. Habitude de faire passer l’autre avant soi. Habitude de fonctionner en mode “ça ira”. Habitude de considérer certains signaux comme normaux : la fatigue persistante, le sommeil haché, les repas rapides, le stress constant. Après tout, c’est le métier, non ? Le corps des soignants est incroyablement adaptable. Il s’ajuste aux horaires décalés, aux nuits, à la charge mentale, au stress émotionnel. Il compense. Longtemps. Mais cette capacité d’adaptation a un coût, souvent invisible au début. La santé métabolique ne se dérègle pas du jour au lendemain. Elle s’altère progressivement, en silence, pendant que l’on continue à assurer. Pendant que l’on minimise. Pendant que l’on repousse. Et c’est là que quelque chose mérite, peut-être, d’être interrogé. À partir de quand “tenir” devient-il autre chose que “aller bien” ? Cette question n’est pas une critique. Encore moins une injonction. C’est une invitation à regarder autrement ce que l’on vit dans ce métier. Beaucoup de soignants savent reconnaître les signes chez leurs patients. Mais quand il s’agit d’eux-mêmes, ils rationalisent. Ils s’adaptent encore. Ils attendent. Ce premier post n’est pas là pour proposer des solutions. Il est là pour ouvrir un espace de réflexion. Un espace où la santé du soignant a autant de valeur que celle qu’il protège au quotidien. Et si, pour une fois, la question n’était pas : “Est-ce que je tiens ?” mais plutôt : “Comment va réellement mon corps en ce moment ?” Si cette question te traverse l’esprit, même brièvement, alors ce post a rempli son rôle. Ce n’est que le début. Assan Khadira